La crise entre l’UEFA et la FIFA est loin d’être terminée. Après plusieurs semaines de tension autour du projet « FIFA Forward Enterprise », l’instance européenne a finalement suspendu son boycott des compétitions de la FIFA pour la saison 2026-2027.
Mais derrière cette décision se cache une nouvelle offensive : l’UEFA prépare une plainte contre Gianni Infantino et entend désormais contester directement la gouvernance du président de la FIFA.
Le conflit a débuté avec la révélation d’un projet porté par Gianni Infantino visant à ouvrir une partie des activités de la FIFA à des investisseurs privés. Baptisé « FIFA Forward Enterprise », ce projet a rapidement suscité de fortes inquiétudes au sein du football européen. L’UEFA craignait notamment une évolution profonde du modèle économique et de la gouvernance de l’instance mondiale.
Face à cette situation, l’UEFA avait brandi la menace d’un boycott des compétitions de la FIFA. Une mesure particulièrement lourde, qui aurait pu concerner les sélections européennes engagées dans les prochaines compétitions internationales.
Après plusieurs semaines de bras de fer, la FIFA a finalement fourni les garanties réclamées par l’UEFA. L’instance mondiale a confirmé par écrit que le projet avait été retiré « de manière irrévocable et définitive » et qu’il ne pourrait pas réapparaître sous une autre forme, sous un autre nom ou à travers une nouvelle structure.
Ces assurances ont permis à l’UEFA de suspendre son boycott. Mais cette décision ne signifie pas pour autant que le conflit est réglé.
Le véritable enjeu se situe désormais autour de Gianni Infantino lui-même. L’UEFA estime que la confiance nécessaire à l’exercice de la présidence de la FIFA a été rompue. Pour l’instance européenne, le retrait du projet ne suffit pas à effacer les tensions provoquées par cette affaire.
C’est dans ce contexte que l’UEFA préparerait une plainte en droit suisse contre le président de la FIFA pour « gestion déloyale ». L’objectif serait notamment de faire examiner les conditions dans lesquelles le projet d’ouverture à des investisseurs privés a été élaboré et porté.
Parallèlement, des démarches ont été entreprises aux États-Unis afin de recueillir des éléments susceptibles d’être utilisés dans cette bataille juridique. Une procédure qui pourrait donner une nouvelle dimension au conflit entre les deux principales puissances institutionnelles du football mondial.
Mais derrière cette bataille juridique se joue surtout une question politique. Gianni Infantino doit en effet briguer un nouveau mandat à la tête de la FIFA lors du Congrès prévu en mars 2027 au Maroc. L’UEFA ne cache plus son opposition au président sortant et pourrait désormais chercher à lui présenter une alternative.
L’instance européenne affirme qu’en cas de nouvelle candidature d’Infantino, elle travaillera avec ses confédérations partenaires pour proposer une candidature crédible reposant sur davantage d’intégrité, de responsabilité et de réformes institutionnelles.
Le rapport de force dépasse donc largement le seul projet « FIFA Forward Enterprise ». Il oppose désormais deux visions de la gouvernance du football mondial. D’un côté, Gianni Infantino cherche à conserver la main sur la FIFA et à poursuivre son projet politique. De l’autre, l’UEFA et plusieurs confédérations partenaires veulent profiter de cette crise pour remettre en question son leadership.
Le boycott des compétitions de la FIFA est donc mis entre parenthèses, mais la guerre institutionnelle, elle, ne fait que commencer. Avec la présidentielle de la FIFA en ligne de mire, les prochains mois pourraient être décisifs pour Gianni Infantino et pour l’équilibre des pouvoirs dans le football mondial.