La campagne n’est pas officiellement ouverte. Pourtant, à parcourir les réseaux sociaux, à lire certaines tribunes et à observer les prises de position qui se multiplient, une évidence s’impose : la bataille pour la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football a déjà commencé.
Jusque-là, rien d’anormal. Une élection est, par nature, un moment de confrontation d’idées, de projets et d’ambitions. Ce qui l’est davantage, en revanche, c’est la montée progressive d’un climat de tension qui rappelle de mauvais souvenirs.
Le football ivoirien a déjà payé un lourd tribut aux querelles de personnes, aux divisions et aux affrontements de clans. Cette spirale avait conduit à une crise institutionnelle sans précédent, avant d’aboutir à une normalisation que personne ne souhaite revivre.
C’est pourquoi chacun doit mesurer le poids de ses paroles et de ses actes. Les candidats, leurs proches, leurs soutiens, mais aussi les influenceurs, les médias et les supporters ont une responsabilité. Défendre une candidature est un droit. Attiser les tensions ou alimenter les invectives ne l’est pas.
Dans ce contexte, une phrase doit raisonner dans nos esprits: Balle à Terre. Il y a quatre ans, les différents acteurs du football ivoirien se sont réunis à Yakro où ils ont élu un président dans un climat apaisé. Le même leitmotiv doit nous animer en ce qui concerne les élections du 12 Septembre prochain.
Aujourd’hui, alors que les premiers signes de crispation apparaissent, il serait utile qu’on soit animer par cet esprit de bâtisseur. Non pas parce que la crise est installée, mais précisément parce qu’elle ne l’est pas encore. Prévenir vaut toujours mieux que guérir.
Le football ivoirien appartient à tous les Ivoiriens. Il est un patrimoine national qui dépasse les intérêts individuels et les échéances électorales. Les hommes passent, les mandats aussi. En revanche, les fractures qu’ils peuvent laisser demeurent.
À l’approche de cette nouvelle élection, le véritable enjeu ne devrait pas être uniquement de savoir qui dirigera demain la FIF, mais de veiller à ce que le football ivoirien sorte de cette échéance plus uni qu’il ne l’était en y entrant. Fumons tous le calumet de la paix avant qu’il ne soit trop tard.
Si nous bâtissons la maison du bonheur, la plus grande serait la salle d’attente.