Parfois, le destin d’un footballeur prend une trajectoire aussi brillante que brisée. Zézé Venance, plus connu sous le nom de Zézéto, en est l’illustration parfaite. Il fut, à une époque, l’un des plus grands espoirs du football ivoirien, un talent pur, brut, qui a fait rêver tout un pays… avant de s’éteindre prématurément sur le plan sportif.
Les débuts d’un phénomène

Né le 17 septembre 1981 à Abidjan, Zézé Venance s’est rapidement distingué par ses qualités techniques hors norme. Repéré très jeune, il rejoint l’Académie MimoSifcom de l’ASEC Mimosas, véritable pépinière de talents, où il se forme aux côtés d’autres futures stars comme Kolo Touré ou Yaya Touré.
À seulement 16 ans, il crève l’écran avec les cadets ivoiriens lors du Mondial U17 1997 en Égypte. Zézéto inscrit 5 buts durant la compétition et se classe parmi les meilleurs buteurs du tournoi, révélant son sens du but, sa vivacité et sa facilité déconcertante à éliminer.
Une ascension qui s’exporte
Suite à ses performances internationales, l’Europe lui tend les bras. Il signe au KSK Beveren en Belgique, club devenu une sorte d’antichambre européenne pour les talents de l’ASEC. Il y retrouve plusieurs compatriotes et séduit par ses qualités. L’avenir semble tout tracé : les recruteurs parlent de lui comme d’un futur Didier Drogba.
Le virage manqué
Mais malgré un talent pur, la carrière de Zézéto ne décollera jamais vraiment. Quelques blessures, des choix de carrière discutables, un entourage peu structuré, et peut-être aussi un manque d’encadrement psychologique vont lentement éteindre l’étoile montante.
Il multipliera ensuite les expériences dans des clubs secondaires (au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, voire en clubs locaux), sans jamais retrouver la lumière des projecteurs.

Un cas d’école
Zézéto est souvent cité comme l’un des grands gâchis du football ivoirien. Il incarne cette génération dorée, dont une partie n’a pas su franchir le cap entre le potentiel et la performance régulière au haut niveau. Pour les formateurs, il reste un exemple : le talent seul ne suffit pas.
Zézé Venance est rentré en Côte d’Ivoire, loin des pelouses européennes. Discret, mais toujours respecté, il est parfois aperçu lors de rencontres sportives, ou dans des projets liés à la jeunesse et à la formation. Si sa carrière n’a pas suivi les chemins espérés, son nom reste gravé dans la mémoire collective des passionnés de football ivoirien.

Zézéto, c’est un peu le Mozart du football ivoirien : un génie foudroyant, mais parti trop tôt des sommets.