Le tournoi des sélections U20 de l’Union des Fédérations Ouest-Africaines de Football (UFOA), qui devait se tenir cette saison dans les zones A et B, fait l’objet d’un report notable. Une décision qui, au-delà des simples contraintes organisationnelles, révèle une stratégie claire de priorisation de la zone B, souvent considérée comme le vivier le plus prometteur du football ouest-africain.
Un report contraint mais stratégique
Officiellement, le report est lié à des difficultés logistiques et à la nécessité d’ajuster le calendrier en fonction des compétitions internationales, dont les éliminatoires des Championnats d’Afrique U20 et la CAN U20. La UFOA souhaite ainsi garantir un cadre optimal pour ses tournois, évitant la précipitation qui pourrait pénaliser la qualité des rencontres et la préparation des sélections.
Cependant, cette décision n’est pas neutre. Elle reflète une volonté affichée de privilégier la zone B, composée de pays historiquement performants comme le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Togo. Ces nations bénéficient désormais d’un temps supplémentaire pour renforcer leurs effectifs, organiser des stages et disputer des matchs amicaux de haut niveau, ce qui pourrait peser lourd dans la balance sportive.
Zone B : une fenêtre d’opportunités élargie
L’attention portée à la zone B s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la densité des talents jeunes dans ces pays, qui se traduisent souvent par des performances remarquées sur la scène continentale et internationale. Ensuite, l’existence d’infrastructures plus développées et d’une meilleure capacité logistique facilitant l’organisation des compétitions.
Les fédérations nationales de cette zone se félicitent de cette marge de manœuvre accrue, qu’elles jugent essentielle pour préparer les échéances futures, notamment la Coupe d’Afrique des Nations U20. « Ce report nous donne la chance de peaufiner nos équipes et d’aborder les compétitions avec une préparation plus rigoureuse », explique un responsable ivoirien.
Zone A : une réaction contrastée
En revanche, la zone A, composée notamment de pays comme le Sénégal, la Mauritanie, le Mali ou la Guinée, exprime des réserves. Plusieurs acteurs locaux craignent que ce report, en décalant la compétition pour leur région, ne crée un déséquilibre en termes d’exposition médiatique et d’opportunités pour leurs jeunes talents.
« Il ne faudrait pas que ce report creuse un fossé entre nos jeunes joueurs et ceux de la zone B, qui profitent déjà d’une meilleure visibilité sur les grands circuits », souligne un dirigeant sénégalais. La zone A demande ainsi des garanties quant à la reprogrammation du tournoi, afin d’assurer une équité dans le traitement des deux zones.
Vers une compétition scindée ?
La UFOA réfléchit actuellement à un calendrier révisé qui pourrait scinder le tournoi en deux phases distinctes pour les zones A et B. Cette approche permettrait d’adapter les conditions de chaque zone à leurs réalités spécifiques, tout en optimisant la couverture médiatique et l’intérêt sportif.
Ce choix stratégique, s’il est confirmé, marquerait une évolution importante dans l’organisation des compétitions régionales. Il viserait à valoriser au mieux les talents émergents et à offrir une meilleure préparation aux équipes avant les échéances continentales.
En conclusion, le report du tournoi UFOA U20, loin d’être une simple contrainte administrative, dessine une nouvelle donne où la zone B est clairement mise en avant. Reste à savoir si la zone A saura saisir les opportunités à venir pour ne pas être marginalisée dans ce dispositif renouvelé.