Le football sénégalais est à l’arrêt. L’élection à la tête de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), initialement prévue cet été, est aujourd’hui bloquée dans les couloirs du pouvoir. Entre jeux d’influence, querelles internes et manœuvres politiques, le football local vit une crise institutionnelle aux conséquences inquiétantes.
Blocage administratif, tensions politiques
Alors que le mandat de l’actuel président de la FSF, Augustin Senghor, touche à sa fin, aucune date officielle n’a été annoncée pour organiser le scrutin. En coulisses, plusieurs sources évoquent des divergences profondes entre les membres du comité exécutif et un flou juridique autour du mode de désignation des électeurs.
Le ministère des Sports, lui, garde un silence gênant, laissant planer le doute sur une possible tentative d’influence du processus. Une situation qui scandalise plusieurs figures du football sénégalais, à commencer par d’anciens internationaux qui dénoncent une « prise en otage du sport roi ».
La guerre des clans
Deux camps s’opposent : les pro-Senghor, qui souhaitent voir le président sortant briguer un nouveau mandat malgré une usure politique palpable, et les réformateurs, emmenés par des dirigeants de clubs et des acteurs du football amateur, désireux d’ouvrir une nouvelle page.
Mais entre les manipulations statutaires et les recours déposés devant le TAS (Tribunal Arbitral du Sport), l’imbroglio juridique se complique et paralyse le processus.
Une fédé figée, des compétitions en péril
Cette paralysie touche de plein fouet les compétitions locales. Certains championnats régionaux peinent à débuter, les budgets fédéraux sont bloqués, et les projets de développement du football féminin et des jeunes sont gelés. À quelques mois des éliminatoires de la CAN 2025, les Lions de la Teranga eux-mêmes ne sont pas à l’abri d’un séisme institutionnel.
Plusieurs voix s’élèvent, notamment celle de Habib Bèye, entraîneur respecté et ancien international, qui réclame « un processus clair, démocratique et respectueux du football sénégalais ». Des appels qui, pour l’heure, restent sans réponse.
Le Sénégal, champion d’Afrique 2021, doit-il devenir champion du flou administratif ? Tant que la FSF ne retrouve pas le chemin des urnes, le football sénégalais reste suspendu… et menacé.