L’Inter Milan tourne une page. Une lourde, très lourde page. Moins de dix jours après la déroute face au Paris Saint-Germain en finale de Ligue des champions (0-5), le club nerazzurri a annoncé, dans un communiqué sobre, la fin de sa collaboration avec Simone Inzaghi. Officiellement, les deux parties se quittent « d’un commun accord ». Officieusement, les crispations sont réelles. Et certains, dans les coulisses du club lombard, parlent même d’un « climat de guerre froide ».
Une fracture née à Munich
Tout a basculé le 31 mai, à l’Allianz Arena. Ce soir-là, l’Inter, finaliste surprise mais conquérante jusque-là, s’est effondrée sous les coups de boutoir d’un PSG clinique. 5 buts encaissés, zéro réaction, et une sidération générale chez les tifosi comme dans les hautes sphères du club. « Ce n’était plus notre équipe », confiera un dirigeant sous couvert d’anonymat. Dès le lendemain, la question de l’avenir d’Inzaghi était sur toutes les lèvres.
Christian Chivu pour calmer la tempête
Pour tourner la page, l’Inter a finalement choisi la continuité d’esprit : le 9 juin, Cristian Chivu, ancien défenseur du club et ex-coach de Parme, est intronisé à la tête de l’équipe première. Une figure respectée, mais sans grande expérience au plus haut niveau. Un pari. « C’est le bon moment pour construire sur notre identité », glisse le président Marotta. Mais en interne, les attentes sont claires : redonner du sens à une équipe traumatisée.
Une rupture pas totalement cicatrisée
Si les mots sont restés mesurés, le malaise, lui, est palpable. L’Inter ne digère pas l’image laissée en finale. Et certains dirigeants voient dans l’attitude d’Inzaghi, entre gestion tactique frileuse et départ éclair, une forme de trahison. Une guerre ouverte ? Non. Mais une rupture, douloureuse et encore brûlante.
« C’est un divorce à l’italienne : élégant en apparence, mais orageux dans les coulisses. » un observateur du club.
Le calumet de la paix reste au placard
Entre Simone Inzaghi et l’Inter Milan, les apparences sont trompeuses. Officiellement séparés d’un commun accord début juin après trois saisons, l’entraîneur italien et son désormais ex-club entretiennent encore une rancune tenace. Les mots ont été soigneusement choisis dans les communiqués, mais les actes et les murmures de coulisses disent tout autre chose : le calumet de la paix n’a pas été fumé, loin de là.
Le point de rupture ? Une finale de Ligue des champions cauchemardesque face au Paris Saint-Germain (0-5), et une prestation jugée « indigne de l’histoire du club » par plusieurs cadres de la direction milanaise. L’humiliation a été trop forte. Dès le coup de sifflet final, certains dirigeants plaident pour un changement brutal. Le silence glacial entre la direction et le coach lors du retour à Milan a confirmé l’ampleur du malaise.
Autre point de crispation : les discussions avancées entre Inzaghi et Al-Hilal bien avant la fin de la saison. Si l’intéressé se défend de tout arrangement préalable, plusieurs sources affirment qu’un contrat de principe aurait été conclu dès la mi-mai. Une manœuvre perçue comme une trahison par la direction de l’Inter, qui lui reproche d’avoir « levé le pied » en coulisses, alors que le club visait l’Europe.
« Il pensait déjà à ses pétrodollars pendant qu’on préparait Munich », glisse, acerbe, un cadre du vestiaire.
Le remplacement d’Inzaghi par Cristian Chivu n’est pas anodin. Ancien joueur du club, proche de certains membres du board, il incarne une forme de retour aux sources, mais aussi de défiance à l’égard de son prédécesseur. On attend de lui qu’il incarne « une discipline, une implication et un projet à long terme », ce que le staff reproche à Inzaghi d’avoir laissé s’effriter dans les derniers mois.
Une fracture irréversible
Au fond, ce divorce est tout sauf serein. Il est même, pour certains, le prélude à de possibles règlements de comptes à distance. L’Inter a tourné la page, mais ne l’a pas refermée sans rature. Inzaghi, lui, file vers l’Arabie avec un juteux contrat, mais sans reconnaissance unanime. Les remerciements publics n’ont pas masqué les regards froids.
