C’est une page historique que vient d’écrire Houcine Ammouta avec la sélection jordanienne. Pour la première fois depuis la création de la Coupe du monde, la Jordanie s’est qualifiée pour la phase finale du Mondial 2026, qui se tiendra aux États-Unis, au Canada et au Mexique. L’exploit a été confirmé hier soir après une brillante campagne dans les éliminatoires asiatiques, conclue par une victoire convaincante et un concours de circonstances favorable.
Arrivé à la tête des « Chababs Al-Nashama » en 2023, Houcine Ammouta, technicien marocain au palmarès déjà riche en club, avait pour mission de redonner espoir à une sélection en manque de repères. Deux ans plus tard, le résultat dépasse toutes les attentes : non seulement la Jordanie a atteint pour la première fois de son histoire la finale de la Coupe d’Asie en février dernier, mais elle s’invite désormais dans le cercle très restreint des nations qualifiées pour le plus grand événement planétaire du football.
Une campagne maîtrisée
La Jordanie a validé son ticket après une série de matchs solides, dont un éclatant succès 7-0 face au Pakistan et une victoire précieuse contre l’Arabie Saoudite (2-1), deux résultats marquants dans un groupe particulièrement relevé. Mais c’est la victoire 3-0 contre Oman, avec un triplé de l’attaquant Ali Olwan, qui a été le moment décisif. Le sort de la Jordanie s’est ensuite scellé grâce à la victoire de la Corée du Sud contre l’Irak, assurant aux Jordaniens leur place parmi les deux premiers du groupe.
Ammouta, l’artisan du rêve
Calme, méthodique, et profondément tacticien, Houcine Ammouta a su transformer une sélection hésitante en une équipe combative, disciplinée et ambitieuse. L’ancien coach du Wydad Casablanca et de l’AS FAR a importé une rigueur nouvelle, misant sur un collectif soudé et une préparation mentale de haut niveau. Ses choix tactiques audacieux et sa capacité à tirer le meilleur de ses joueurs ont été salués par la presse locale et continentale.
« C’est une victoire pour tout le peuple jordanien », a-t-il déclaré à la fin du match. « Ce groupe a démontré qu’avec de l’organisation, de la foi et du travail, rien n’est impossible. »
Une première historique
La Jordanie devient ainsi l’un des rares nouveaux venus au sein des 48 équipes qui participeront à la Coupe du monde 2026. Le pays tout entier célèbre cet exploit national, preuve que le football asiatique continue d’évoluer et de surprendre.
La prochaine étape ? Le tirage au sort du troisième tour des éliminatoires asiatiques, où les places définitives pour le Mondial seront attribuées. Mais déjà, le nom de la Jordanie figure dans la liste des qualifiés. Et celui de Houcine Ammouta restera, à jamais, gravé dans les annales du football jordanien.
Quand le Maroc devient la boussole du football jordanien
En qualifiant la Jordanie pour la première Coupe du monde de son histoire, Houcine Ammouta a confirmé une tendance de fond devenue presque un réflexe stratégique : quand la Jordanie cherche un homme de confiance pour guider sa sélection nationale, elle se tourne vers le Maroc.
Depuis plusieurs années, le royaume hachémite fait de plus en plus appel à l’expertise marocaine pour encadrer ses sélections, notamment masculines. Un choix qui s’inscrit dans une relation de respect mutuel entre deux pays liés par des affinités culturelles, linguistiques, mais aussi sportives.
Ammouta, héritier d’une tradition
En succédant à Adnan Hamad en 2023, Houcine Ammouta est devenu le troisième entraîneur marocain à diriger la Jordanie au cours des dix dernières années. Avant lui, Jamal Sellami avait brièvement collaboré avec la Fédération jordanienne, notamment dans un rôle de consultant technique, tandis que Abdelkhalek Louzani (auparavant en charge de l’équipe olympique) avait également participé à des projets de développement dans le pays.
Mais c’est bien Ammouta qui incarne le point culminant de cette “tradition marocaine”. Sous sa houlette, la Jordanie a non seulement atteint la finale de la Coupe d’Asie 2023, mais a franchi un cap historique en se qualifiant pour la Coupe du monde 2026, un rêve longtemps inaccessible pour les supporters jordaniens.
La popularité des techniciens marocains en Jordanie ne doit rien au hasard. Outre leur maîtrise linguistique de l’arabe et leur compréhension des réalités culturelles régionales, ces entraîneurs sont souvent formés dans un écosystème footballistique reconnu pour sa rigueur, sa discipline tactique et son sens du collectif. Le football marocain a, depuis les années 2010, considérablement modernisé ses structures (académies, centres de formation, méthodologies d’entraînement), produisant des profils très recherchés sur le continent asiatique.
“Les entraîneurs marocains savent équilibrer la tactique européenne avec une sensibilité locale. Ils comprennent les joueurs d’ici, et les font progresser sans casser les dynamiques internes”, explique un dirigeant de la Fédération jordanienne.
Derrière ces choix se cache aussi une forme de diplomatie douce, où les échanges sportifs renforcent les liens entre les nations. Le Maroc, dont l’influence footballistique s’étend désormais bien au-delà de l’Afrique, voit dans cette coopération un levier de rayonnement. La Jordanie, de son côté, y trouve des hommes de terrain expérimentés, capables de redonner ambition à une sélection en quête de reconnaissance.
Aujourd’hui, grâce à Houcine Ammouta, cette confiance est récompensée au plus haut niveau.
Jamal Sellami pour succéder à Ammouta
Après le départ de Houcine Ammouta, artisan d’une année mémorable pour le football jordanien, la Fédération jordanienne de football (JFA) n’a pas tardé à désigner son successeur. Il s’agit du Marocain Jamal Sellami, qui prend les rênes des Nashama avec pour mission de poursuivre la belle dynamique amorcée sous Ammouta.
Ancien entraîneur du FUS Rabat et ex-sélectionneur de l’équipe olympique marocaine, Sellami arrive avec un contrat de trois ans et un staff technique entièrement marocain. Il aura la lourde tâche d’emmener la Jordanie plus loin à la Coupe du Monde 2026, et de préparer la Coupe d’Asie 2027 en Arabie saoudite.
Le départ d’Ammouta, survenu pour raisons personnelles, avait surpris après les résultats historiques obtenus : une première finale de Coupe d’Asie et un parcours sans faute lors des éliminatoires. La nomination de Sellami traduit la volonté de la JFA de capitaliser sur l’expertise marocaine qui a porté ses fruits.