Recalés puis repêchés, les Diables Rouges locaux n’ont pas dit leur dernier mot. À la faveur d’un retournement de situation spectaculaire validé par le Jury d’appel de la CAF, le Congo s’offre une place dans le très relevé groupe D du CHAN 2025. Loin d’être accablés par la polémique, les hommes de Barthélémy Ngatsono veulent désormais répondre sur le terrain.
Une ossature locale soudée
Fidèle à l’esprit du CHAN réservé aux joueurs évoluant sur le continent, le Congo aligne une formation presque exclusivement issue de son championnat national. L’AS Otohô, véritable locomotive du football local, fournit l’ossature de la sélection, bien épaulée par des joueurs venus de clubs historiques comme les Diables Noirs, l’Étoile du Congo ou l’AC Léopards.
Ngatsono, à la tête de l’équipe A’ depuis plusieurs années, a su créer un collectif cohérent, discipliné, et difficile à manœuvrer. Les Congolais ont montré de belles promesses face à la Guinée équatoriale lors des barrages, avec une solidarité défensive à toute épreuve et des fulgurances offensives qui ne demandent qu’à s’affirmer.
Les têtes d’affiche
Prince Obongo (AS Otohô), capitaine et patron de la défense, incarne l’âme de cette équipe. Solide dans les duels, vocal sur le terrain, il est l’un des garants de l’équilibre défensif.
Japhet Mankou, dont l’éligibilité avait été contestée, revient auréolé d’un soulagement certain. Véritable métronome au milieu, son rôle sera crucial dans la récupération comme dans l’orientation du jeu.
Devant, Bercy Mombouli s’impose comme l’arme offensive principale. Auteur d’un but déterminant face à la Guinée équatoriale, l’attaquant des Diables Noirs combine puissance et opportunisme. À ses côtés, Moïse Ndinga, virevoltant ailier de l’AC Léopards, pourrait bien être la révélation congolaise du tournoi.
Une mission commando
Le groupe D du Congo fait figure de véritable « groupe de la mort » : le Sénégal, champion en titre, le Nigeria, géant continental, et le Soudan, habitué des grands rendez-vous. Autant dire que la marge d’erreur est infime. Mais les Congolais entendent capitaliser sur leur statut d’outsider et l’élan psychologique suscité par leur repêchage.
« Nous n’avons rien volé. Nous avons gagné notre qualification sur le terrain. À présent, nous voulons le prouver à l’Afrique entière », a lâché Ngatsono en conférence de presse.
Entre fierté nationale et revanche sportive
S’ils joueront sans complexe, les Congolais n’en restent pas moins conscients de l’enjeu. Chaque match sera une finale. Chaque point, un trésor. Portés par un esprit de revanche légitime, les Diables Rouges veulent transformer leur repêchage en épopée.
Rendez-vous est pris le 2 août prochain pour une première sortie face au Sénégal, qui pourrait déjà donner le ton. L’histoire retiendra peut-être que le Congo, recalé sur tapis vert, aura su rebondir pour écrire l’un des chapitres les plus inattendus du CHAN 2025.