La continuité, plutôt que le changement. Réunis à Mbankomo ce samedi, les délégués de la Fécafoot ont reconduit Samuel Eto’o pour quatre ans supplémentaires à la tête de l’instance. Une réélection sans suspense, au terme d’un scrutin où l’ancien Ballon d’Or africain était le seul candidat en lice.
Dans les faits, c’est un plébiscite. Politiquement, c’est plus nuancé. Pas d’adversaire, pas de rivalité, pas de duel. Le chemin vers le second mandat ressemblait davantage à une formalité bureaucratique qu’à une véritable compétition électorale. Les candidatures alternatives n’ont jamais franchi la barrière des parrainages, laissant Eto’o seul sur le terrain — un terrain qu’il maîtrise parfaitement.
Cette absence d’opposition crédible nourrit déjà les critiques d’un processus « réglé d’avance », où les règles du jeu semblent toujours glisser en faveur du président sortant.
Un contexte électrique qui ne disparaît pas avec les applaudissements
La réélection intervient au terme de plusieurs mois de tensions ouvertes entre la Fécafoot et le ministère des Sports, qui avait tenté de stopper le processus électoral en dénonçant des irrégularités. La fédération a tenu bon, s’appuyant sur les textes internationaux pour imposer son autonomie et maintenir la date du scrutin.
Si cette réaffirmation de pouvoir a renforcé la stature d’Eto’o, elle a aussi laissé derrière elle un paysage institutionnel fracturé, où méfiance et rivalités n’ont rien perdu de leur vigueur.
Eto’o face à son bilan : la continuité n’efface pas les interrogations
Ce second mandat s’ouvre avec un constat clair : le football camerounais n’a pas retrouvé la stabilité ni les performances promises en 2021. Entre polémiques internes, tensions avec certains clubs, épisodes judiciaires et résultats sportifs en dents de scie, le premier mandat n’a pas été un long fleuve tranquille.
Les attentes sont désormais plus élevées, la tolérance au chaos beaucoup plus faible. Eto’o devra choisir entre consolider un système critiqué pour son opacité ou ouvrir la porte à une gouvernance plus consensuelle, un exercice délicat pour un leader habitué à l’autorité directe.