Patrice Motsepe a été réélu sans opposition en tant que président de la Confédération africaine de football (CAF) pour un second mandat de quatre ans lors du congrès de l’organisation au Caire.
Motsepe, magnat sud-africain de l’industrie minière et propriétaire du club Mamelodi Sundowns, avait été élu pour la première fois en 2021.
Durant son premier mandat, la CAF a connu des défis financiers, notamment le règlement d’un litige de 50 millions de dollars lié à l’annulation d’un contrat de droits marketing. Cependant, sous sa direction, la CAF a également enregistré une augmentation significative des bénéfices de la Coupe d’Afrique des Nations, avec des projections de 72 millions de dollars cette année contre 4 millions en 2021.
Malgré ces réalisations, certaines critiques ont émergé concernant son implication directe dans la gestion quotidienne du football africain, certains observateurs le qualifiant de « président fantôme« . Néanmoins, sa réélection sans opposition suggère un soutien continu au sein de la CAF pour sa vision et son leadership.
Dirigeant à distance
Patrice Motsepe est souvent critiqué pour son style de gestion qualifié de « président fantôme », car il serait peu impliqué directement dans les affaires quotidiennes de la CAF. Contrairement à ses prédécesseurs, il délègue largement la gestion à son secrétaire général et aux vice-présidents, préférant se concentrer sur les grandes orientations stratégiques et les relations internationales.
Cette approche lui permet de maintenir ses activités économiques en parallèle, notamment dans l’industrie minière en Afrique du Sud. Cependant, certains observateurs estiment que cette distance affaiblit son autorité et laisse trop de pouvoir à son entourage, alimentant des tensions internes et des luttes d’influence au sein de la CAF.
Malgré ces critiques, il a été réélu sans opposition, ce qui montre qu’il conserve le soutien des fédérations africaines, en partie grâce aux résultats financiers positifs de son premier mandat.
Un mode de gestion contraste
Le mode de gestion de Patrice Motsepe contraste fortement avec celui de ses prédécesseurs à la CAF. Là où des figures comme Issa Hayatou ou Ahmad Ahmad avaient une présence plus marquée dans la gestion quotidienne, Motsepe adopte une approche plus distante, centrée sur la diplomatie et les relations stratégiques.
Ce contraste s’explique par son profil d’homme d’affaires. Plutôt que de s’impliquer directement dans l’administration de la CAF, il délègue une grande partie des responsabilités à son secrétaire général, Véron Mosengo-Omba, et aux vice-présidents. Cette méthode de gestion, inspirée du monde de l’entreprise, vise à professionnaliser l’organisation, mais elle crée aussi un vide de leadership perçu par certains acteurs du football africain.
D’un côté, ses partisans mettent en avant la stabilisation financière de la CAF sous sa présidence, notamment après les scandales de corruption précédents. De l’autre, ses détracteurs lui reprochent un manque d’engagement concret dans la gestion des compétitions et des problèmes internes, ce qui fragilise l’influence de la CAF face à la FIFA.
Le Chef de mission, Véron Mosengo -Omba
Véron Mosengo-Omba, secrétaire général de la CAF depuis 2021, est souvent perçu comme le véritable chef d’orchestre de l’institution sous la présidence de Patrice Motsepe. Ancien cadre de la FIFA, il a été nommé pour apporter rigueur et professionnalisme à la gestion de la CAF, surtout après les crises institutionnelles qui ont marqué l’ère Ahmad Ahmad.
Avec un président peu impliqué au quotidien, Mosengo-Omba joue un rôle clé dans l’administration, la gestion des compétitions et les relations avec la FIFA. Son influence est telle que certains observateurs estiment qu’il dirige en sous-main la CAF, prenant des décisions importantes en l’absence de Motsepe.
Cette situation divise : pour certains, il est un technocrate efficace qui garantit une meilleure gouvernance, tandis que d’autres dénoncent un manque de leadership politique et une CAF trop dépendante de la FIFA. Son rôle central dans le fonctionnement de l’organisation pose donc la question de qui détient réellement le pouvoir au sein du football africain.
Si Motsepe décide de prendre les choses en main
Si Patrice Motsepe décide de s’impliquer davantage dans la gestion quotidienne de la CAF, cela pourrait profondément changer l’équilibre du pouvoir au sein de l’organisation. Actuellement, son approche distante permet à Véron Mosengo-Omba d’avoir une influence considérable. Mais si Motsepe reprend les commandes, cela pourrait entraîner plusieurs évolutions
En devenant plus actif, Motsepe renforcerait son autorité et sa crédibilité auprès des fédérations africaines. Cela lui permettrait aussi de mieux défendre les intérêts du football africain face à la FIFA, au lieu de laisser cette tâche à son secrétaire général.
Son secrétaire général perdrait une partie de son pouvoir décisionnel. Mosengo-Omba pourrait alors se recentrer sur un rôle plus administratif et moins politique, ou bien être poussé vers la sortie si les tensions devenaient trop fortes.
Motsepe étant un homme d’affaires expérimenté, son implication directe pourrait améliorer les stratégies de financement et de sponsoring de la CAF. Il pourrait également chercher à diversifier les revenus et rendre la CAF moins dépendante de la FIFA.
Avec une présence plus active, Motsepe pourrait impulser des réformes pour moderniser les compétitions africaines, améliorer l’organisation des tournois et renforcer la transparence au sein de la CAF.
Cependant, un tel changement ne serait pas sans risques. Un Motsepe plus interventionniste pourrait créer des frictions internes, notamment avec les dirigeants déjà en place. De plus, son engagement total dans la CAF signifierait qu’il devrait délaisser en partie ses affaires personnelles, ce qu’il a toujours cherché à éviter.
En résumé, s’il décide de prendre les choses en main, la CAF pourrait entrer dans une nouvelle ère, mais cela nécessiterait de redéfinir en profondeur son mode de gouvernance.