La FIFA a officiellement levé la suspension de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) le 14 mai 2025, permettant ainsi au Congo-Brazzaville de réintégrer les compétitions internationales, notamment les éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Contexte de la suspension
La suspension, imposée le 6 février 2025, faisait suite à une ingérence politique dans la gestion de la FECOFOOT. En septembre 2024, le président Jean-Guy Blaise Mayolas et son comité exécutif, pourtant élus pour un mandat courant jusqu’en 2026, avaient été destitués par un « collectif » soutenu par le ministre des Sports Hugues Ngouélondélé. La justice avait même ordonné l’expulsion du personnel de la fédération, fermant les locaux de la FECOFOOT. En réaction, la FIFA, qui ne reconnaît pas le « collectif », avait immédiatement suspendu la FECOFOOT pour non-respect de l’article 14 de ses statuts, relatif à l’indépendance des fédérations membres.
La levée de la suspension est intervenue après que la FECOFOOT a rempli les conditions imposées par la FIFA, notamment la reprise de contrôle total du siège de la fédération, du Centre technique d’Ignié et d’autres installations. Avec ces obligations désormais respectées, la FECOFOOT reprend sa place dans la compétition.
Impact sur les éliminatoires de la Coupe du monde 2026
Le Congo-Brazzaville, réintégré dans le groupe E aux côtés du Maroc, de la Zambie, de la Tanzanie, du Niger et de l’Érythrée (qui s’est retirée de la compétition), se trouve actuellement en cinquième position du groupe. Les Diables Rouges ont subi plusieurs défaites, dont deux sur tapis vert contre la Tanzanie et la Zambie, en raison de leur suspension. Ces résultats compromettent sérieusement leurs chances de qualification pour le Mondial 2026.
Malgré ces revers, la levée de la suspension permet à la sélection congolaise de disputer les matchs amicaux prévus lors de la trêve internationale de juin et de participer aux trois derniers matchs des éliminatoires. Bien que la qualification soit désormais hors de portée, ces rencontres offriront une opportunité de redynamiser l’équipe nationale et de préparer l’avenir.
Est-ce la fin de la crise?
La levée de la suspension par la FIFA marque une étape majeure vers la sortie de crise pour le football congolais, mais ce n’est pas encore la fin totale de la crise. Voici pourquoi :
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La FECOFOOT a repris le contrôle de ses installations, dont le siège et le centre technique d’Ignié.
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La FIFA reconnaît à nouveau la fédération légitimement élue, et elle est réintégrée dans les compétitions officielles.
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Les joueurs peuvent à nouveau représenter le pays, et les matchs officiels peuvent reprendre;
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Le conflit entre le gouvernement (notamment le ministère des Sports) et la direction de la FECOFOOT reste une source potentielle d’instabilité. La crise initiale était due à une tentative de destitution jugée illégitime par la FIFA.
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L’équipe nationale est sportivement en difficulté dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 : deux défaites sur tapis vert, peu de points au classement… les espoirs de qualification sont quasiment anéantis.
La crédibilité de la gouvernance reste fragile, tant au niveau local qu’au niveau international. La FIFA pourrait à nouveau intervenir en cas de récidive.
La levée de la sanction est un signal fort, mais le retour à la normale dépendra de la stabilité politique autour de la FECOFOOT, du respect de ses statuts, et de la capacité des dirigeants à reconstruire la confiance.
le football congolais est à reconstruire, de fond en comble. La levée de la suspension par la FIFA ne fait que rouvrir les portes, mais le chantier reste immense. L’un des grands maux du football congolais est l’intervention du pouvoir politique dans la gestion de la fédération.
Une gouvernance à stabiliser
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Renforcer l’indépendance de la FECOFOOT et faire respecter ses statuts.
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Professionnaliser la gestion : transparence financière, audit, éthique, fonctionnement administratif régulier.
Une équipe nationale à reconstruire
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Motiver les joueurs locaux et expatriés à rejoindre un projet crédible.
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Nommer un staff technique compétent, stable et soutenu sur le long terme.
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Instaurer une vraie politique de détection : élargir la base de la sélection, relancer les U17, U20, et U23.
Des infrastructures à moderniser
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Rénover ou construire des stades aux normes FIFA/CAF.
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Réactiver le Centre technique national d’Ignié, indispensable pour la formation des jeunes.
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Investir dans les équipements des clubs locaux, souvent en très mauvais état.
Un championnat local à relancer
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Revaloriser le championnat national (Ligue 1), trop souvent arrêté ou mal organisé.
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Encourager les sponsors privés, en offrant des garanties de gestion transparente.
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Créer un calendrier stable, avec une vraie visibilité pour les clubs et les joueurs.
Réconcilier le public avec son football
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Rebâtir la confiance entre les supporters et les institutions.
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Relancer les écoles de football, les tournois interscolaires et les championnats de jeunes.
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Communiquer de manière transparente, notamment sur les réformes en cours.
Conclusion
La crise récente peut aussi être une opportunité historique de repartir sur de nouvelles bases. Cela exige volonté politique, compétence, courage et patience. Si le Congo veut redevenir une force en Afrique centrale comme à l’époque des années 1970, il faudra un vrai projet national, sur au moins 5 à 10 ans.