De héros annoncé à symbole de la désillusion. Après avoir manqué le penalty décisif lors de la finale de la CAN 2025 face au Sénégal, Brahim Díaz est sorti du silence ce lundi à travers un message poignant publié sur ses réseaux sociaux.
Dimanche soir, au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, l’international marocain a vu son rêve s’effondrer. À la 90e+24 minute, sa tentative de panenka, repoussée par le gardien sénégalais, a privé les Lions de l’Atlas d’un sacre historique à domicile. Battu en prolongation (1-0 a.p.), le Maroc est passé tout près d’un deuxième titre continental, cinquante ans après le premier.
Le lendemain, la gueule de bois encore palpable, Brahim Díaz (26 ans, 22 sélections, 13 buts) a tenu à assumer publiquement sa responsabilité. Dans un long message empreint d’émotion, il a présenté ses excuses au peuple marocain :
« J’ai mal au cœur. J’ai rêvé de ce titre grâce à tout l’amour que vous m’avez donné. (…) Hier, j’ai échoué et j’en assume l’entière responsabilité. Je m’excuse de tout cœur. Cette blessure ne guérit pas facilement, mais je continuerai à me battre pour un jour être la fierté de mon peuple marocain. »
Un message sincère, largement relayé sur les réseaux sociaux, notamment par le journaliste Fabrizio Romano, et salué par une partie de l’opinion pour sa franchise.
Arrivé à cette CAN 2025 avec le statut de star, Brahim Díaz avait jusque-là tenu son rang. Auteur d’un but lors de chacun des cinq premiers matchs des Lions de l’Atlas, l’offensif du Real Madrid avait battu plusieurs records et terminé meilleur buteur du tournoi, décrochant le Soulier d’Or.
Mais en finale, son choix audacieux une panenka dans un contexte de tension extrême a tout changé. Un geste rare, voire inédit, à ce stade d’une compétition continentale, qui a fait basculer le destin d’un match… et d’un joueur.
Ce penalty manqué pourrait laisser des traces. Selon plusieurs sources, Brahim Díaz se serait attiré l’hostilité de certains cadres du vestiaire, tandis qu’une partie des supporters, encore sous le choc, lui reproche d’avoir pris un risque jugé excessif.
Un contraste saisissant pour celui qui, il y a encore quelques jours, était porté en triomphe après son but décisif contre le Cameroun en quarts de finale (2-0), le 9 janvier dernier.
Choisi comme un symbole de renouveau lorsqu’il avait opté pour le Maroc au détriment de l’Espagne, Brahim Díaz traverse aujourd’hui l’épreuve la plus difficile de sa jeune carrière internationale. Reste à savoir s’il saura transformer cette blessure sportive en point de départ d’une rédemption attendue par tout un peuple.