À une dizaines de jours du coup d’envoi de la Lonaci Ligue 1, les regards se braquent vers le Nord. Là où le CO Korhogo, symbole du football septentrional, s’active dans l’ombre. Objectif : ne plus jouer les figurants. Mais les moyens suivront-ils les ambitions ?
Un été entre changements et incertitudes
L’intersaison n’a pas été de tout repos. Exit certains cadres en fin de cycle, place à un savant dosage entre jeunesse locale et recrues issues des divisions inférieures. Si le coach Brahima Coulibaly parle de « reconstruction ambitieuse », les observateurs s’interrogent : le chantier ne commence-t-il pas trop tard ?
Une préparation discrète mais studieuse
Pas de stages à l’étranger, pas de matches de gala. Le CO préfère la méthode artisanale : séances quotidiennes au stade municipal, oppositions contre des clubs locaux comme le Woroba FC ou l’AS Tanda. Bilan mitigé : deux victoires, une défaite, un nul. Pas de quoi fanfaronner… mais assez pour peaufiner les automatismes.
Le staff technique mise sur l’intensité physique et une rigueur défensive retrouvée. « On veut être solides avant tout », martèle l’adjoint du coach.
Un effectif remodelé à 40%
Parmi les têtes d’affiche du mercato local :
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Moussa Tiéné, ex-meneur de l’USC Bassam, attendu comme le nouveau cerveau du jeu.
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Bakary Ouattara, buteur venu de Ligue 2, déjà auteur de 3 réalisations en amical.
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Et quelques jeunes pépites de l’académie Fadiga Foot de Bouaké, qui incarnent la relève.
Mais l’absence d’un vrai patron expérimenté au milieu de terrain pourrait se faire sentir, surtout face aux gros calibres du championnat.
Le CO Korhogo avance à pas prudents. Entre rêves de grandeur et réalités du terrain, le club nordiste joue gros. La saison 2025-2026 pourrait bien être celle du tournant, ou celle de trop.
Dao Lassina : l’homme de la situation ou un pari risqué ?

Il est arrivé presque sur la pointe des pieds. Pas de grande annonce, pas de conférence clinquante. Pourtant, c’est bien Dao Lassina qui va s’asseoir cette saison sur le banc du CO Korhogo. Un choix fort. Un choix audacieux. Mais aussi, un pari plein d’inconnues.
Un profil local, un ancrage régional
Ancien joueur passé par les pelouses poussiéreuses du Nord, Dao Lassina connaît le terrain. Littéralement. Il a entraîné dans les divisions inférieures, supervisé des centres de formation à Bouaké, à Ferké, et travaillé avec les jeunes du Denguelé FC. À ce titre, il parle le langage du CO Korhogo : celui du football de caractère, de la débrouille, et du mérite.
Mais entre la formation et la compétition de haut niveau, il y a un gouffre. Le passage du vestiaire éducatif à celui de la Ligue 1 n’a jamais été une simple formalité.
Une philosophie encore floue
Dao Lassina prône un football « équilibré, travailleur, solidaire », selon ses propres mots. Sur le papier, c’est cohérent avec l’identité du club.
La pression du résultat… immédiat
Korhogo ne peut plus se permettre une saison galère. Les supporters veulent du sang, de la sueur et des points. Le calendrier est corsé dès la première journée. Et l’excuse de la reconstruction n’aura qu’un temps.
Dao Lassina joue donc gros, et vite. S’il échoue, son inexpérience sera pointée du doigt. S’il réussit, il deviendra le symbole d’un nouveau modèle : celui du coach local, compétent, et enraciné.
Dao Lassina est un homme de valeurs. Mais pour être l’homme de la situation, il devra prouver qu’il est aussi un homme de résultats. Et très vite.
À suivre dans « La Loupe », chaque semaine, le point sur un club de l’élite ivoirienne.