La publication du Top 100 des joueurs du XXIᵉ siècle par Canal+ n’a pas tardé à susciter de vives réactions. Comme souvent avec ce type de classement global, la représentation et le positionnement des joueurs africains ont immédiatement alimenté les débats.
Après avoir dévoilé ses classements poste par poste, la chaîne cryptée a présenté dimanche son Top 100 des meilleurs joueurs ayant marqué la période 2001-2025. Un exercice ambitieux, mais forcément sujet à interprétation.
Une méthodologie stricte pour un classement global
Avant toute polémique, Canal+ a tenu à rappeler les fondements de sa méthodologie. Le classement ne concerne que les joueurs ayant évolué dans un grand championnat sur la période définie, et repose sur quatre critères majeurs : la performance sur la durée, l’héritage laissé, le palmarès et l’exemplarité.
Le processus de vote s’est déroulé en deux temps. Chaque membre de la rédaction a d’abord établi un classement de 15 joueurs par poste, avant qu’un collège final ne compile l’ensemble des votes afin d’aboutir à un Top 100 global. L’objectif affiché : mesurer l’impact général d’un joueur sur le football moderne, bien au-delà de la seule popularité ou d’un pic de carrière.
Aucun Africain dans le Top 30 : surprise relative
À première vue, l’absence de joueurs africains dans le Top 30 peut interpeller. Mais replacée dans le contexte du football européen du XXIᵉ siècle, dominé par des figures comme Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Ronaldinho, Thierry Henry ou Zinédine Zidane, cette réalité apparaît plus nuancée.
Le débat se cristallise davantage sur certains joueurs classés devant les Africains. Des noms prestigieux comme Carles Puyol, Cafu, Andrea Pirlo ou Oliver Kahn soulèvent une question légitime : méritaient-ils d’être placés devant des attaquants au rendement et au palmarès continental aussi impressionnants que Samuel Eto’o ou Didier Drogba ? Une interrogation qui divise encore.
Drogba devant Eto’o : un éternel débat relancé
Le classement de Didier Drogba à la 30ᵉ place, juste devant Samuel Eto’o (31ᵉ), a particulièrement retenu l’attention. Dans l’imaginaire collectif, Eto’o est souvent considéré comme le plus grand joueur africain de l’histoire, fort d’un palmarès exceptionnel et d’un volume de buts supérieur.
Mais Drogba bénéficie d’un poids narratif considérable : son impact à Chelsea, son leadership, ses performances dans les grands rendez-vous et son aura médiatique. Autant d’éléments qui peuvent influencer un vote nécessairement subjectif, d’autant plus que la légende ivoirienne a longtemps été associée à Canal+.
Yaya Touré devant Salah et Mané : un choix cohérent
Autre point notable : la présence de Yaya Touré à la 52ᵉ place, devant Mohamed Salah (66ᵉ) et Sadio Mané (76ᵉ). Un classement qui peut surprendre les plus jeunes, mais qui s’explique par l’impact colossal de l’Ivoirien à son apogée.
Touré a redéfini le rôle du milieu box-to-box moderne, notamment lors de sa saison exceptionnelle 2013-2014 avec Manchester City. Son influence tactique, combinée à un palmarès collectif solide, joue clairement en sa faveur.
Hakimi devant Salah et Mané, Mahrez absent
Plus étonnant encore, la présence d’Achraf Hakimi (65ᵉ), récent Ballon d’Or africain et encore en pleine ascension, devant deux figures majeures de l’ère Liverpool. Un choix qui interpelle, tant Salah et Mané ont marqué la Premier League et la Ligue des champions.
Enfin, l’absence de Riyad Mahrez du Top 100 risque de faire grincer des dents en Algérie, surtout au regard de la présence de joueurs dont l’impact historique semble plus discutable, à l’image de Victor Valdés ou Nemanja Vidić.
Un débat révélateur de l’héritage africain
Au-delà des positions et des polémiques, ce classement rappelle une évidence : l’Afrique a produit — et continue de produire — des joueurs capables de rivaliser avec les plus grandes légendes du football moderne.
Et si ces débats restent aussi passionnés aujourd’hui, c’est sans doute la meilleure preuve de l’empreinte durable laissée par ces joueurs africains sur le football du XXIᵉ siècle.