L’élimination des Aigles du Mali à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a provoqué une véritable onde de choc dans le pays.
Au-delà de la déception sportive, c’est tout le football malien qui se retrouve plongé dans une zone de fortes turbulences, marquée par une crise institutionnelle majeure au sein de la Fédération malienne de football (Femafoot).
Une élimination aux lourdes conséquences
Battus lors des phases finales de la CAN, les Aigles quittent la compétition avec le sentiment d’un immense gâchis. Présentée comme l’une des sélections capables d’aller loin, l’équipe malienne n’a pas su répondre aux attentes. Cette contre-performance a immédiatement ravivé les critiques sur la gestion du football national, déjà fragilisée par des tensions internes persistantes.
Vague de démissions à la Femafoot
Dans les heures qui ont suivi l’élimination, le séisme s’est déplacé hors du terrain. Plusieurs membres du comité exécutif de la Femafoot ont présenté leur démission, plongeant l’instance dans une crise ouverte. Cette fronde interne révèle un malaise profond, nourri par des désaccords sur la gouvernance, la stratégie sportive et les relations avec les autorités de tutelle.
La fédération, déjà affaiblie par des conflits récurrents ces dernières années, se retrouve désormais dans une situation d’instabilité qui pourrait avoir des répercussions durables sur l’ensemble du football malien.
Un malaise structurel mis à nu
Pour de nombreux observateurs, cette crise dépasse largement le cadre de la CAN 2025. L’élimination n’a fait qu’exposer des fragilités existantes : manque de stabilité institutionnelle, problèmes de gouvernance et absence de vision claire à long terme. Autant de facteurs qui freinent l’exploitation du potentiel pourtant reconnu du football malien.
La fin de règne de Mamoutou Touré, dit Bavieux, à la tête de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) ne fait désormais plus de doute en interne. Selon plusieurs sources concordantes, la majorité des membres du comité exécutif a acté son retrait de fait, scellant ainsi l’effondrement de l’autorité du président fédéral.
Cette décision intervient dans un contexte de crise profonde, marqué par une gouvernance paralysée et des tensions persistantes au sommet de l’instance dirigeante du football malien. La démission en chaîne de membres clés du comité exécutif a rendu le fonctionnement normal de la FEMAFOOT pratiquement impossible, privant Bavieux Touré de tout levier opérationnel.
Déjà fragilisé par ses ennuis judiciaires et une présidence exercée à distance, le dirigeant se retrouve désormais isolé, sans soutien interne suffisant pour poursuivre son mandat. En coulisses, la perspective d’une Assemblée générale extraordinaire se précise, avec pour objectif de tirer les conséquences institutionnelles de cette implosion et d’ouvrir la voie à une nouvelle direction.
L’avenir de la sélection nationale du Mali se dessine aujourd’hui dans un climat d’incertitude, mais aussi d’espoir mesuré. La crise institutionnelle qui secoue la FEMAFOOT a inévitablement des répercussions sur les Aigles, pris en étau entre instabilité administrative et exigences sportives de haut niveau.
Sur le plan sportif, le potentiel reste intact. Le Mali dispose d’une génération talentueuse, riche de cadres évoluant dans les grands championnats européens et de jeunes joueurs prometteurs issus des sélections de jeunes, régulièrement performantes sur la scène continentale. Le réservoir est là, et la crédibilité sportive des Aigles n’est pas remise en cause.
En revanche, l’environnement autour de l’équipe nationale demeure préoccupant. Les incertitudes liées à la gouvernance, au staff technique, à la programmation et au financement fragilisent la continuité du projet sportif. Sans une fédération stable et reconnue, toute ambition à moyen et long terme risque d’être compromise, notamment en vue des prochaines échéances continentales et mondiales.
L’enjeu majeur sera donc la stabilisation rapide de l’instance dirigeante. Une transition claire, conforme aux statuts et acceptée par les acteurs nationaux comme internationaux, est indispensable pour redonner un cadre serein à la sélection. Les Aigles ont besoin d’un pilotage fort, capable de protéger le sportif des turbulences politiques et institutionnelles.