Alors que la Coupe d’Afrique des Nations 2025 approche à grand pas, une équipe peut créer la surprise : le Mali. Souvent discret, l’équipe des Aigles pourrait bien être la surprise du tournoi.
Avec un effectif mêlant jeunes talents et cadres expérimentés évoluant dans les grands clubs européens — Yves Bissouma (Tottenham), Nene Dorgeles (RB Salzbourg), Kamory Doumbia (Brest) — le Mali semble armé pour aller loin. Le sélectionneur Tom Saintfiet ne cache pas ses ambitions : « Nous voulons briser le signe indien », rappelle-t-il, évoquant la quête historique d’un premier sacre continental pour le pays.
Mais le chemin sera semé d’embûches. Tombé dans un groupe A corsé avec le Maroc, pays hôte, ainsi que la Zambie et les Comores, le Mali devra se montrer solide dès les premiers matches. Les récentes décisions de la FIFA concernant la libération des joueurs par les clubs ont aussi perturbé les préparatifs, obligeant Saintfiet à jongler avec un effectif parfois décousu.
Pourtant, les atouts sont là : jeunesse, technique, expérience européenne et une ambition décomplexée. Dans un tournoi où chaque faux pas peut redistribuer les cartes, les Aigles ont toutes les chances de créer la surprise et, pourquoi pas, d’aller chatouiller les demi-finales.
Si le Mali réussit à canaliser son potentiel, ce qui semblait un outsider pourrait bien devenir l’équipe à suivre, celle capable de faire vaciller les favoris et d’écrire l’une des pages les plus surprenantes de cette CAN 2025.
Tom Saintfiet : le pari audacieux des Aigles du Mali
Lorsque Tom Saintfiet a posé ses valises à Bamako à l’été 2024, peu imaginaient que le technicien belge deviendrait, quelques mois plus tard, l’un des principaux espoirs d’un Mali en quête de consécration continentale. La CAN 2025, organisée au Maroc, s’annonce comme un tournant décisif pour une sélection qui rêve de briser enfin son plafond de verre. À sa tête, un sélectionneur au profil atypique, méthodique et rompu aux défis africains.
Un choix risqué dans un climat sous tension
La nomination de Saintfiet est arrivée en plein tumulte. Le Mali sortait d’un cycle brouillon : limogeage d’Éric Sékou Chelle, tensions internes, climat délétère entre certains cadres et la Fédération, et un public oscillant entre impatience et résignation.
Dans ce contexte fragile, opter pour un entraîneur étranger habitué aux missions complexes était tout sauf un choix neutre. Le Belge, passé par la Namibie, le Togo, le Zimbabwe ou encore la Gambie, débarquait avec l’étiquette du « globe-trotter », une expérience souvent synonyme de résilience… mais parfois de pari risqué.
Une dynamique retrouvée
Très vite, Saintfiet a imposé ses principes : discipline, clarté tactique et gestion stricte du vestiaire. Les effets se sont fait sentir presque immédiatement. Le Mali a livré une campagne de qualifications impeccable, avec une défense retrouvée, un collectif plus rigoureux et un jeu moins flamboyant mais plus efficace.
Cette montée en puissance a redonné confiance à un pays qui s’est souvent arrêté aux portes de la gloire. Les Aigles n’ont jamais remporté la CAN, mais rarement une préparation aura semblé aussi structurée et prometteuse.
Une CAN 2025 à haut risque
Reste que l’épreuve marocaine ne laissera aucune marge d’erreur. Le tirage a placé les Aigles dans l’un des groupes les plus relevés, face au pays hôte et plusieurs outsiders ambitieux. À cela s’ajoutent des complications logistiques : joueurs européens arrivant tardivement, préparation amputée, et un calendrier de matchs amicaux contraint.
Saintfiet devra aussi gérer une donnée plus subtile : l’attente. Avec des résultats encourageants, la barre a été placée plus haut que prévu. Le sélectionneur lui-même l’a assumé : l’objectif est de jouer sept matchs, autrement dit atteindre le dernier carré au minimum.
Un pari pour un pays, un défi pour un homme

Au-delà du terrain, le Belge incarne un tournant stratégique pour le Mali. Son approche professionnelle et son vécu africain donnent à la sélection une structure nouvelle, plus stable, plus lisible. Mais c’est précisément ce qui le place face à un défi immense : confirmer, convaincre et franchir un palier historique.
Cette CAN 2025 pourrait faire de Tom Saintfiet soit le sélectionneur qui a enfin libéré les Aigles, soit celui qui n’a pas réussi à transformer de belles promesses en réalité.
À l’heure où le Mali rêve encore de son premier sacre continental, le pari est audacieux. Mais, pour la première fois depuis longtemps, il semble aussi terriblement crédible.