C’est une décision qui fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé du football camerounais. Écarté de la liste pour la CAN et ignoré par le sélectionneur sans véritable explication, Yvan Néyou a finalement tranché : il met un terme à sa carrière internationale. Un geste fort, assumé, qui sonne comme une réponse à ce qu’il considère, à demi-mot, comme une injustice sportive.
Depuis plusieurs semaines, le nom du milieu de terrain circulait parmi les joueurs possiblement rappelés pour renforcer un entrejeu en quête d’équilibre. Mais au moment de dévoiler sa liste, le sélectionneur a choisi de passer outre. Pas un mot, pas un signe, pas une justification publique. Le silence comme verdict. Pour beaucoup, c’était un oubli. Pour Néyou, c’était le signal que sa place n’existait plus.
Le joueur n’a pas cherché l’affrontement. Sa réaction a été mesurée, presque élégante : une annonce simple, claire, dans laquelle il remercie son pays et tourne la page. Mais derrière la retenue se lit une amertume profonde. Car un compétiteur ne quitte pas la sélection nationale à 28 ans par hasard. Il la quitte lorsqu’il estime qu’on ne le considère plus, qu’on ne le respecte plus à hauteur de ses efforts et de son engagement.
Ce départ révèle aussi un malaise plus large au sein des Lions Indomptables. En oubliant un joueur régulier, discipliné, capable d’apporter stabilité et intelligence de jeu au milieu, le staff technique envoie un message flou : quelle est la ligne directrice ? Quel est le projet ? Qui entre, qui sort, et selon quels critères ? Les décisions semblent parfois plus politiques que sportives, et c’est précisément ce flou qui alimente les frustrations et provoque des ruptures comme celle-ci.
Pour Néyou, ce refus silencieux de l’intégrer au groupe pour une CAN qu’il rêvait de disputer a été le point de bascule. Il quitte la tanière sans éclat, mais son geste parle plus fort que n’importe quelle déclaration. C’est une manière de dire que la dignité a un prix, et qu’un maillot, même sacré, ne se porte pas à n’importe quel coût.
« Porter ce maillot et représenter le Cameroun aura été un immense honneur. Merci pour tout, mon pays. Bonne chance pour la CAN et pour les échéances à venir. »
La sélection camerounaise, elle, perd un joueur fiable, discret, mais précieux. Un de ces éléments de l’ombre qui ne font pas les gros titres mais qui stabilisent une équipe. Et à la veille d’une CAN où les Lions auront besoin de caractère, son absence sonne comme une erreur stratégique ou, pire, un choix assumé mais incompris.
Yvan Néyou a claqué la porte. Pas pour faire du bruit, mais pour se faire entendre. Et dans l’histoire récente des Lions Indomptables, rares sont ceux dont le départ soulève autant de questions.